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Sourcila Demander une démonstration

reglementation Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture

Que dit vraiment la réglementation cosmétique sur la teinture des sourcils en cabine ?

Le règlement cosmétique européen encadre les produits, pas votre geste. Beaucoup de praticiennes appliquent des obligations qui n’existent pas et ignorent celles qui les concernent vraiment. Voici ce que le texte impose sur les teintures et les hennés sourcils, ce qu’il renvoie à la notice du fabricant, et ce qui relève de vous seule.

Le Cahier du sourcil

Le magazine des spécialistes sourcils qui reçoivent des femmes de trente-cinq à soixante ans et qui veulent poser une couleur sans redouter la fin du rendez-vous.

Chaque article part des textes français applicables aux teintures, aux hennés et aux rehaussements, puis descend jusqu’au geste de cabine et à la trace qui reste dans la fiche.

Le sommaire des neuf articles du Cahier

Mains d’une praticienne rangeant flacons ambrés et sachets de poudre dans un casier en bois à compartiments inégaux

Le règlement cosmétique européen encadre le produit que vous posez, pas le geste que vous faites. Sur un sourcil, il ne vous impose donc que trois choses, et elles sont courtes.

  • N’appliquer sur un sourcil qu’un produit dont l’étiquetage prévoit expressément cet usage.
  • Respecter les précautions d’emploi et le mode d’emploi établis par le fabricant, sans les adapter.
  • Savoir signaler un effet indésirable et conserver de quoi le décrire.

Tout le reste de ce que l’on vous présente comme une obligation cosmétique vient d’ailleurs: du droit civil, du droit de la consommation ou de la protection des données. Ce n’est pas moins contraignant, mais ce n’est pas le même texte.

Voici comment ces trois obligations se traduisent dans une cabine sourcils, et où passent les frontières que beaucoup de praticiennes déplacent sans le savoir.

Ce que le règlement cosmétique encadre réellement

Le texte applicable est le règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, directement applicable en France sans transposition. Il organise la mise sur le marché d’un produit, de sa formulation à son étiquette.

Le produit, la personne responsable et le dossier d’information

Chaque produit mis sur le marché de l’Union a une personne responsable identifiée: le fabricant établi dans l’Union, l’importateur, ou le distributeur qui commercialise sous son propre nom. Cette personne détient un dossier d’information produit et procède à la notification du produit avant sa mise sur le marché.

Ce n’est pas vous. Tant que vous achetez vos teintures et vos poudres auprès d’un fournisseur, vous n’avez ni dossier à constituer, ni notification à déposer. La situation change le jour où un bar à sourcils fait fabriquer sa propre ligne et la vend sous son enseigne: la responsabilité bascule, avec les obligations qui l’accompagnent.

Ce que vous devez retrouver sur l’emballage professionnel

Votre vérification tient en un coup d’œil sur le conditionnement, à la réception de chaque commande. Le texte consolidé du règlement est consultable sur Légifrance, le service public de la diffusion du droit.

Mention à retrouverCe qu’elle vous sert en cabine
Nom et adresse de la personne responsableSavoir vers qui remonter en cas de réaction ou de rendu anormal
Fonction du produitVérifier que la destination annoncée couvre bien le sourcil
Précautions particulières d’emploiConnaître les avertissements que vous devez répercuter à la cliente
Numéro de lotRattacher une prestation à un lot précis, sans lequel aucun signalement n’est exploitable
Liste des ingrédientsCroiser avec ce qu’une cliente déclare ne pas supporter

Un produit professionnel reconditionné dans un flacon neutre perd ces mentions. Vous perdez avec elles la traçabilité du lot, c’est à dire la seule chose qui rendrait votre déclaration utile si une réaction survenait.

Les restrictions propres aux produits pour cils et sourcils

La faute la plus fréquente se joue ici: appliquer sur un sourcil un produit conçu pour la chevelure.

Pourquoi une teinture capillaire n’est pas transposable au sourcil

Les annexes du règlement fixent, substance par substance, les conditions d’emploi autorisées et les avertissements obligatoires. Elles distinguent les produits destinés aux cheveux de ceux destinés aux cils et aux sourcils, parce que la zone oculaire ne présente pas les mêmes risques que le cuir chevelu.

Beaucoup de colorants d’oxydation utilisés en coiffure sont assortis, dans ces annexes, d’un avertissement explicite qui interdit l’usage pour la teinture des cils et des sourcils. Cet avertissement figure alors sur l’emballage. Le lire et ne pas en tenir compte n’est pas une prise de risque technique, c’est un usage non conforme du produit.

Usage professionnel réservé et mentions d’avertissement

À l’inverse, certaines substances ne sont autorisées dans des produits de coloration des cils et des sourcils qu’à la condition d’un usage strictement professionnel, avec les avertissements correspondants sur le conditionnement.

D’où la règle de cabine, qui se retient en une phrase: vous ne posez sur un sourcil qu’un produit dont l’étiquette prévoit cet usage, dans les conditions qu’elle indique. En cas de doute sur une référence, la question se pose au fournisseur avant la prestation, jamais après.

Henné, henné dit noir et mélanges préparés en cabine

Le mot henné recouvre en cabine des réalités très différentes, et cette confusion vous expose.

Le henné végétal et ses limites de rendu

Le henné végétal colore le poil et dépose aussi sur la peau qui l’entoure. C’est ce dépôt cutané qui donne l’effet plein du premier jour, et c’est lui qui s’efface le premier. Le rendu dépend du support, donc du type de peau et de l’état du poil, ce qui interdit toute promesse de teinte identique d’une cliente à l’autre.

Il n’a par ailleurs aucune capacité éclaircissante. Une cliente qui vient avec un sourcil déjà foncé et qui demande plus clair ne trouvera pas sa réponse dans une nouvelle pose de henné.

Ce que vous engagez en enrichissant un produit fini

Les autorités sanitaires françaises alertent depuis des années sur les préparations dites au henné noir, qui contiennent des colorants d’oxydation, en particulier la paraphénylènediamine, et qui sont associées à des sensibilisations durables. Une sensibilisation acquise sur une zone du visage ne disparaît pas, et elle se réveille ensuite sur d’autres produits.

Plus largement, dès que vous ajoutez quelque chose à un produit fini, huile, pigment, poudre d’une autre marque, vous sortez du mode d’emploi du fabricant. Le mélange obtenu n’est plus le produit notifié, et la garantie du fabricant ne le couvre plus. Vous en répondez seule.

Le test de tolérance : obligation légale ou consigne de notice ?

La question revient à chaque rendez vous et la réponse surprend souvent: aucun article du règlement cosmétique n’impose un test de tolérance avant une teinture sourcils.

Ce que prévoient les instructions du fabricant

Le protocole, la zone d’application et le délai à respecter avant la prestation viennent des instructions du fabricant, que le règlement vous demande de suivre au titre des précautions d’emploi. Ils varient d’une marque à l’autre, et c’est la notice de votre référence qui fait foi, pas celle d’une marque que vous utilisiez auparavant.

S’en écarter ne vous expose pas à une sanction au titre du règlement, mais fait tomber la garantie du fabricant. Le jour d’une réaction, vous êtes alors seule à répondre du choix de ne pas avoir suivi la notice.

La trace minimale à conserver dans les deux cas

Cinq lignes suffisent, et elles servent autant en cas de réaction qu’en cas de contestation du rendu.

  1. La date du test et celle de la prestation prévue.
  2. La référence exacte du produit testé et son numéro de lot.
  3. La réaction observée, décrite en mots simples, ou l’absence de réaction.
  4. La décision prise: prestation maintenue, adaptée ou refusée.
  5. Le refus éventuel de la cliente de se prêter au test, noté tel quel.

Cette dernière ligne est celle que l’on oublie et qui compte le plus. Une cliente pressée qui décline le test est fréquente. Sans trace de son refus, c’est votre organisation qui sera mise en cause.

Déclarer un effet indésirable et informer loyalement

Deux administrations s’intéressent à votre cabine, et pas au même terrain.

La cosmétovigilance et l’agence compétente en France

Le règlement organise la notification des effets indésirables graves aux autorités compétentes. En France, c’est l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé qui recueille les déclarations de cosmétovigilance, y compris celles des professionnels.

Une déclaration n’est exploitable que si elle est précise. Notez la date et l’heure de la pose, la référence et le lot, la durée réelle de pose, la zone concernée, la description de la réaction et son délai d’apparition, ainsi que ce que vous avez fait ensuite. Prévenez également votre fournisseur, qui doit remonter l’information à la personne responsable.

L’information sur les prix et la description honnête de la prestation

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, rattachée au ministère chargé de l’économie, contrôle un tout autre terrain: l’information du consommateur. Elle porte sur l’affichage des prix de vos prestations, prévu par l’article L. 112-1 du code de la consommation, et sur la façon dont vous décrivez le résultat annoncé. Les missions de cette direction sont présentées sur le site du ministère de l’économie et des finances.

Une carte de prestations qui annonce un regard rajeuni sans réserve, une durée de tenue garantie en semaines ou une symétrie assurée relève de la description du résultat, pas de la publicité d’ambiance. C’est aussi ce qui vous vaudra les corrections offertes, décryptées dans notre article sur les erreurs qui rendent une teinture sourcils trop foncée sur peau mature.

Ce que le texte n’impose pas, contrairement à une idée répandue

Trois croyances circulent en formation. Elles ne sont pas inutiles, mais elles ne viennent pas de ce texte.

  • La fiche cliente n’est pas prescrite par le règlement cosmétique. Elle sert votre preuve civile et votre suivi.
  • Le consentement écrit à la prestation n’y figure pas davantage. Il relève de la relation contractuelle avec votre cliente.
  • Aucune durée de conservation des photographies n’y est fixée. Cette durée relève de la protection des données et se décide par vous, puis s’applique.

Ce silence ne protège personne. Il signifie seulement que ces points se règlent par une procédure interne écrite, la même pour toutes les praticiennes du poste, et tenue à jour. Les échéances qui rythment cette organisation sont réunies dans notre calendrier annuel du bar à sourcils et de ses contrôles, et le récit d’une contestation réelle est détaillé dans notre cas complet de correction de teinture en cabine.

Retenez la ligne de partage: le règlement cosmétique garantit que le produit est encadré, il ne dit rien de la façon dont vous l’utilisez ni de ce que vous avez promis. Votre exposition réelle se joue donc sur trois traces, le produit et son lot, le mode d’emploi suivi, et ce qui a été annoncé à la cliente. Aucune de ces traces ne survit à une cabine chargée si elle repose sur la mémoire.

Sourcila enregistre ces traces au moment du geste: référence de teinture ou de henné, numéro de lot, mélange, temps de pose, registre de tolérance et rappel des délais avant prestation. Pour voir ce que cela donne sur vos propres références, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact de Sourcila.

De l’article à votre cabine

Regardons cette consultation sur vos propres prestations

Décrivez votre semaine type, le nombre de teintures, de hennés et de brow lift que vous posez et les reprises que vous offrez sans les compter. La démonstration reprend l’un de vos cas réels, monte la consultation en quatre temps devant vous et montre la fiche telle qu’elle serait archivée.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur du Cahier du sourcil

Jimenez Julien

Auteur du Cahier du sourcil, éditeur de Sourcila

Jimenez Julien a passé plusieurs mois en cabine sourcils, à noter ce qui se dit avant une teinture et ce qu’il reste dans la fiche trois semaines plus tard. Il écrit chaque article de ce cahier à partir des textes français applicables aux produits cosmétiques et des situations rapportées par des praticiennes qui travaillent sur des visages matures.

Le parcours de Jimenez Julien et ce qu’il a relevé dans les bars à sourcils